mardi 6 février 2007
L'automne à Beyrouth
Un autre automne, et les années se passent, et cette grande quantité de l’énergie recommence à m’étouffer, une énergie qui s’accumule de façon effrayant, une énergie qui n’a pas trouvé sa route vers le monde, vers l’existence, vers la vie. Une énergie suffisante pour éliminer toute la fraîcheur qui m’entoure, une énergie que je ne pouvais pas transformer à une chose concrète, une énergie qui refuse de quitter mon corps, comme si je deviens le centre de l’univers, les allègrisses et les tristesses n’ont trouvé que mon corps pour y s’installer, une énergie dont je peux sentir l'effet chaque matin où je me revaille, une énergie qui m’a toujours rendue fatigué, et qui épuisera ce faible corps.
J’ai essayé plusieurs fois de trouver la porte par laquelle cette énergie mystérieuse rentre furtivement dans mon âme, mais chaque fois je saisis le bout de la ficelle, elle se disparaît, en laissant plus de mystères et d’ambiguïté, ce qui augmente ma crainte de perdre cette énergie à l’improviste, et m’oblige de revenir au point du zéro, quel zéro ? Existe-t-il ? L’affaire était toujours relative, tout le monde s’appuie sur le principe de la relativité, les situations, les conditions et les circonstances sont relatives, nos agissements et nos comportements sont aussi relatifs, mêmes ses résultats, nos âges, nos lois et nos principes sont totalement relatifs.
Quelle vocifération laisse cette énergie ? Quelle personne vous êtes pour avoir cette énergie tranquille ? Et est-ce que Ineshtine pouvait sentir son effet comme je peux ? Et est-ce qu’il avait conscience de la douleur et de la souffrance qui accompagnent telle énergie ?
Je n’ai pas anticipé que Michelle Nouaymah va détourner la tête de moi, quand j’étais à Baskanta, ou est-ce que les circonstances de sa ville ont changé ? Quel errant je suis dans une mer infinie, et quelle mer qui n’est plus démontée et troublée, et quels eaux elle a, des eaux qui n’acceptent que de porter mon bateau. Est-ce que le jour, où je vais enlever ce fardeau de ma poitrine, existe ? Je ne demande que ma poitrine soit vide pour un moment, un seul moment, un court moment.
C’est seul l’automne qui ne se soumet pas au principe absurde de la relativité, et c’est moi seulement qui va continuer à chercher la route non relative dans ma vie modeste, mais sans arriver à la fin y relative.
Marwan OTHMAN
Beyrouth
10 décembre 2006
Commentaires
"L'automne a Beurouth" donne une facette psychologique de l'homme ambitionneux.
Cet article me semble assumer les evidents mots du mystere tout en les disant d'une facon non denuee d'energie.
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